Dans la 14ème parasha : «Vaera» «Je me suis montré» Exode 6:2 à 9:35, l’Éternel va révéler à ses enfants dispersés, sa «Lumière» comme un «fleuve» dans le désert : «3 Je suis apparu à Abraham, à Isaac et à Jacob, comme le Dieu tout-puissant; mais je n’ai pas été connu d’eux sous mon Nom, l’Éternel.
La parasha Vaera pourrait bien être résumée par le prophète Esaïe dans le message caché de l’Éternel (Esaïe 43:19) où on voit l’Éternel attristé par l’oppression sur son peuple.
On va retrouver ici l’Éternel qui semble dire «Bonjour, c’est Moi, ton Dieu !! Me voici ! Oui c’est Moi ! Je vais faire maintenant une chose nouvelle : je vais faire venir mon GERME, ma SEMENCE, Mon Fils : le FILS DE DAVID qui va germer ! Allo? Vous m’écoutez? Ne la connaîtrez-vous pas ? Je mettrai un Chemin dans le désert.
En effet, Hin’niy signifie hineh+ani «Me Voici», on pourra noter une nuance lorsqu’un patriarche dit à Dieu «Me voici» הִנֵּֽנִי il dit sous forme d’obéissance/soumission «Hinneniy». Ici L’Éternel ne dit pas «Hinneniy» mais il dit «Hin’niy» pour bien marquer la différence entre un serviteur de Dieu qui se présente pour servir son Dieu et Dieu en Personne qui se présente pour créer.
Je vais faire quelque chose de nouveau : « je vais donner ma semence, je vais la faire germer», halo tedaouah, «allo? vous le saurez? oui ou non?, », (halo : interjection adverbe interrogatif «oui ou non?»), «certes, j’établirai dans le désert (dans ce qui vient de la Parole) un chemin», et dans les lieux de désolation, des fleuves dans la solitude .
Les fleuves dans le désert, c’est comme de la lumière dans les cœurs desséchés. L’un donne la joie, l’autre éprouve pour briser le péché.
La parasha Vaera décrit les 7 premières des 10 plaies d’Égypte. La parasha suivante Bo nous donnera les 3 dernières. Vaera va nous raconter donc ici la libération du peuple. La question sera de savoir si la «vraie» libération du peuple de l’esclavage de l’Égypte se fera à la sortie d’Égypte ou plus tard, soit au moment où le peuple recevra le don de la Torah ou plus tard encore ? Moïse n’avait reçu de la part du peuple hébreu aucun encouragement. Au contraire, il était fort méprisé et il le sera encore pendant des années après, même jusqu’à sa mort.
On va découvrir dans cette parasha la véritable signification de la verge de Aaron jetée devant Pharaon et qui, selon la majorité des traducteurs, sera changée en serpent.
Une profonde détresse
La libération de l’esclavage de l’Égypte ne concernait finalement qu’une partie du problème. On sait d’ailleurs que même le don de la Torah ne résoudra pas entièrement l’état profondément enfoncé du peuple dans le péché. Mais il faudra mettre un bémol ici sur cette façon de voir les choses, car si Dieu a pris la peine de regarder en bas vers son peuple, c’est qu’il n’a pas fait que simplement «voir» ce qui se passait en bas en Égypte. Il a aussi «entendu» une énorme clameur, un cri de détresse, un désespoir sans nom qu’aujourd’hui le monde décrit comme simplement quelque chose qui s’est passé il y a plusieurs millénaires et qui ne nous touchent pas du tout, quelque chose que nous commentons dans nos Parashot et qui doivent simplement nous servir d’exemples pour notre vie spirituelle personnelle.