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Shalom à tous,

La parasha Haazinou — הַאֲזִינוּ, « Écoutez », se trouve principalement dans Deutéronome 32. Elle contient le grand cantique que Moïse transmet à Israël peu avant sa mort. Ce texte constitue à la fois un rappel de l’histoire du peuple, un avertissement prophétique concernant son infidélité et une proclamation de la fidélité de Dieu envers son alliance.
Moïse commence solennellement en prenant les cieux et la terre à témoin :
« Écoutez, cieux, et je parlerai ; que la terre entende les paroles de ma bouche. » Son enseignement doit descendre comme la pluie, la rosée et les ondées sur l’herbe. La Parole venant de Dieu est ainsi comparée à une eau qui descend d’en haut pour apporter la vie.
Très rapidement apparaît l’une des images centrales de Haazinou : Dieu est le Rocher — הַצּוּר, HaTsour. Moïse proclame : « Il est le Rocher ; ses œuvres sont parfaites, car toutes ses voies sont justes. » Face aux changements, aux infidélités et aux bouleversements de l’histoire humaine, Dieu demeure stable, fidèle et véritable.
Cette image du Rocher traverse ensuite tout le cantique. Israël oubliera « le Rocher qui l’a engendré » et abandonnera « le Rocher de son salut ».
Le problème fondamental du peuple n’est donc pas simplement la désobéissance : c’est l’oubli de celui dont il dépend pour son existence et son salut.
Moïse rappelle alors comment l’Éternel a pris soin d’Israël. Il l’a trouvé dans le désert, l’a entouré, l’a instruit et l’a gardé « comme la prunelle de son œil ». Dieu est également comparé à un aigle qui veille sur son nid, déploie ses ailes et porte ses petits. Israël n’a pas traversé son histoire par sa propre force : il a été porté par Dieu.
Mais lorsque le peuple connaît l’abondance, il oublie progressivement celui qui l’a béni. Yeshouroun s’engraisse, se détourne de son Créateur et abandonne son Rocher.
Haazinou révèle ainsi un principe spirituel important : l’être humain va chercher Dieu dans l’épreuve mais ensuite va l’oublier lorsque tout va bien.
L’infidélité entraîne alors la correction et le jugement. Pourtant, Dieu ne détruit pas son projet. Le cantique conduit progressivement vers une proclamation extraordinaire de la souveraineté divine : « Voyez maintenant que c’est moi, moi qui suis, et qu’il n’y a point de dieu avec moi. » Dieu affirme qu’il fait vivre, qu’il permet la blessure et qu’il apporte également la guérison.
La fin du cantique ouvre finalement une perspective de restauration. Les nations sont appelées à se réjouir avec le peuple de Dieu, tandis que l’Éternel intervient en faveur de ses serviteurs et fait expiation pour sa terre et pour son peuple. Le jugement n’est donc pas l’aboutissement de l’histoire : la fidélité de Dieu demeure plus grande que l’infidélité humaine.
Dans une lecture messianique, cette image du Rocher prend une profondeur particulière.
L’apôtre Paul, évoquant Israël dans le désert, écrit en 1 Corinthiens 10:4 : « Ils buvaient à un rocher spirituel qui les suivait, et ce rocher était le Messie. » Paul établit ainsi explicitement un lien entre le rocher qui accompagne Israël et le Messie.
Cette lecture fait écho au rocher frappé dans le désert. Israël avait soif et Dieu ordonna à Moïse de frapper le rocher afin que l’eau en sorte. Le rocher frappé devient alors, dans la lecture apostolique, une image particulièrement étonnante du Messie donnant la vie.
Cette eau trouve également un écho dans les paroles de Yeshoua. Dans Jean 7, au moment de la fête de Souccot, Yeshoua proclame : « Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi et qu’il boive. » Celui qui donne l’eau dans le désert et celui qui appelle les hommes assoiffés à venir boire se rejoignent ainsi dans la lecture messianique des Écritures.
Haazinou parle également du « Rocher du salut ». Cette expression prend une résonance particulière lorsque l’on considère le nom Yeshoua — יֵשׁוּעַ, lié à l’idée de salut. Le cantique de Moïse proclame que le salut ne vient ni des idoles, ni de la puissance humaine, ni des nations : il vient de Dieu.
Un autre rapprochement remarquable apparaît dans l’appel initial : « Haazinou — Écoutez ! » La foi biblique commence par l’écoute. Israël est constamment appelé à entendre la voix de Dieu, et les paroles de Yeshoua reprennent fréquemment cette nécessité : « Que celui qui a des oreilles pour entendre entende. » Il ne suffit donc pas d’entendre extérieurement la Parole ; elle doit pénétrer le cœur et produire une réponse.
Le cantique montre également qu’Israël peut recevoir les bénédictions de Dieu tout en oubliant celui qui les lui a données. Yeshoua enseignera lui aussi que l’abondance matérielle ne garantit jamais la richesse spirituelle. L’homme peut posséder beaucoup et pourtant perdre de vue ce qui donne véritablement la vie.
La restauration annoncée à la fin de Haazinou possède enfin une dimension qui dépasse Israël seul puisque les nations sont invitées à se réjouir avec son peuple. Paul cite précisément Deutéronome 32:43 en Romains 15:10 : « Nations, réjouissez-vous avec son peuple ! » Il utilise ce passage dans son enseignement sur l’entrée des nations dans la louange adressée au Dieu d’Israël.
Il ne s’agit donc pas, dans la lecture apostolique, du remplacement d’Israël par les nations. Le texte dit que les nations se réjouissent avec son peuple. Elles sont appelées à participer à la bénédiction provenant du Dieu d’Israël et à reconnaître sa fidélité.
À la fin de la parasha, Moïse demande au peuple de placer toutes ces paroles dans son cœur et de les transmettre à ses enfants. Il ajoute une déclaration essentielle : « Ce n’est pas une parole vide pour vous : c’est votre vie. » La Parole de Dieu doit donc être vécue, gardée et transmise.
Moïse monte ensuite sur le mont Nebo. Il voit la Terre promise mais ne peut y entrer. Son ministère arrive à son terme et Josué conduira bientôt Israël au-delà du Jourdain. Le nom hébreu de Josué, Yehoshoua — יְהוֹשֻׁעַ, appartient d’ailleurs à la même famille de noms que Yeshoua et porte lui aussi l’idée du salut de l’Éternel.
Une lecture typologique voit alors une image significative : Moïse conduit Israël jusqu'aux frontières du pays, tandis que Yehoshoua fait entrer le peuple dans l’héritage. Haazinou nous place ainsi devant toute l’histoire de l’alliance : Dieu choisit, porte, nourrit et protège ; l’homme oublie et s’éloigne ; Dieu corrige mais demeure fidèle ; enfin apparaît l’espérance de la restauration.
Et au milieu de cette histoire demeure une réalité immuable : le Rocher.
Pour la lecture messianique, ce thème trouve son accomplissement et sa profondeur en Yeshoua, celui vers lequel les écrits apostoliques dirigent le regard lorsqu’ils relisent l’histoire d’Israël. Le Rocher frappé donne l’eau, le Dieu fidèle maintient son alliance et les nations sont invitées à se réjouir avec son peuple.
Ainsi, le premier mot du cantique demeure également son appel : הַאֲזִינוּ — Haazinou — Écoutez !
Écouter pour ne pas oublier.
Se souvenir pour demeurer fidèle.
Revenir au Rocher lorsque l’on s’en est éloigné.
Recevoir la Parole comme la pluie qui donne la vie.
Car les générations passent, les circonstances changent et les hommes peuvent devenir infidèles, mais le Rocher demeure.



Date
Lecture
Passage principal
Samedi 19 septembre Haazinou — הַאֲזִינוּ Deutéronome 32.1-52
Lundi 21
Yom Kippour

Samedi 26 septembre
Premier jour de Soukkot — סֻכּוֹת
Lévitique 22.26–23.44
Samedi 3 octobre
Shemini Atseret — שְׁמִינִי עֲצֶרֶת
Deutéronome 14.22–16.17
Dimanche 4 octobre
Vezot Haberakhah — וְזֹאת הַבְּרָכָה — Sim’hat Torah
Deutéronome 33.1–34.12
Samedi 10 octobre
Bereshit — בְּרֵאשִׁית
Genèse 1.1–6.8
Samedi 17 octobre
Noa’h — נֹחַ
Genèse 6.9–11.32
Préparons-nous pour Yom Kippour

Shalom LeKoulam

YOM KIPPOUR
Lévitique 23:26-32
"26 L'Eternel parla à Moïse, et dit : 27 Le dixième jour de ce septième mois, ce sera le jour des expiations : vous aurez une sainte convocation, vous humilierez vos âmes, et vous offrirez à l'Eternel des sacrifices consumés par le feu. 28 Vous ne ferez aucun ouvrage ce jour-là, car c'est le jour des expiations, où doit être faite pour vous l'expiation devant l'Eternel, votre Dieu. 29 Toute personne qui ne s'humiliera pas ce jour-là sera retranchée de son peuple. 30 Toute personne qui fera ce jour-là un ouvrage quelconque, je la détruirai du milieu de son peuple. 31 Vous ne ferez aucun ouvrage. C'est une loi perpétuelle pour vos descendants dans tous les lieux où vous habiterez. 32 Ce sera pour vous un shabbat, un jour de repos, et vous humilierez vos âmes; dès le soir du neuvième jour jusqu'au soir suivant, vous célébrerez votre shabbat."
Jacques Sobieski
parasha@bethyeshoua.org

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Les 4 semaines de présentation du cours d'hébreu sont loin d'une initiation à l'hébreu technique. Et même il ne s’agit pas à proprement parler ni d’un cours d’hébreu ni même d’une initiation à l’hébreu.

Ce parcours de découverte qui a commencé mardi 8 sept. et réparti sur quatre semaines, ne se limite pas à une simple initiation à la grammaire hébraïque. Il a pour objectif de révéler toute la richesse de la langue biblique : sa dimension prophétique, la force évocatrice et graphique de ses lettres, la présence vivante des voyelles au cœur des consonnes, ainsi que l’importance des accentuations dans le rythme, la respiration et l’interprétation du texte.

Les étudiants découvriront que les consonnes ne sont pas des signes figés : elles prennent vie par les voyelles qui les animent, les relient et leur donnent leur mouvement sonore. Les voyelles participent ainsi à la formation des mots, à leur prononciation et parfois à la distinction de leurs formes et de leurs sens. Elles révèlent la dynamique intérieure de la langue et permettent de percevoir comment le souffle transforme une suite de consonnes en parole vivante.

Une attention particulière sera également accordée aux accentuations hébraïques. Celles-ci ne servent pas uniquement à guider la lecture : elles indiquent les pauses, structurent les phrases, soulignent les relations entre les mots et contribuent à la compréhension du texte. Elles donnent à la lecture son rythme, sa respiration et sa musicalité, tout en pouvant mettre en lumière certaines articulations du sens.

Je prends un exemple : le mot דָּבָר (dābār), qui signifie à la fois « parole », « mot » et « chose », permettra d’entrer dans cette dynamique de manière particulièrement évocatrice. À travers la forme et le mouvement de ses lettres, on peut contempler un cheminement symbolique : on passe par la porte, représentée par la lettre ד (dalet) ; on rentre dans la maison, évoquée par la lettre ב (beth) ; puis on arrive au bout du compte à la la tête, représentée par la lettre ר (resh).
Ainsi, la parole n’est pas une réalité immobile : elle franchit une porte, entre dans une maison, progresse sur un chemin intérieur et parvient jusqu’à la tête, lieu de la pensée, de la compréhension et de la décision. Dans cette lecture symbolique, dābār devient une parole qui entre dans l’être, y demeure et finit par produire une réalité concrète.

Les étudiants découvriront ainsi comment l’écriture, les images, les racines, les voyelles, les accents et les sonorités de l’hébreu peuvent éclairer le texte biblique et en approfondir la compréhension. L’hébreu biblique apparaîtra alors comme une langue où le sens se déploie à la fois dans la forme des lettres, le souffle des voyelles, le mouvement des mots et la cadence de la lecture.

Finalement ici, lors de ces 4 semaines, c’est LA partie la plus importante de toute l’année du cours d’hébreu, de l’hébreu « prophétique ».

Shalom

Jacques
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