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Shalom à tous,

La parasha Reeh (« Vois ») s’ouvre par une invitation solennelle : « Vois, je mets aujourd’hui devant toi la bénédiction et la malédiction. »
Dieu place chaque être humain devant un choix fondamental : celui de la vie ou de la mort spirituelle, de l’obéissance ou de la rébellion. Cette liberté de choisir traverse toute l’Écriture et trouve son accomplissement en Yeshoua, qui appelle chacun à marcher sur le chemin étroit conduisant à la vie. Israël reçoit l’ordre de détruire tous les lieux consacrés aux idoles afin de préserver la pureté de son adoration. Ce combat contre l’idolâtrie demeure actuel, car les idoles modernes prennent souvent la forme de l’argent, du pouvoir, de la réussite ou de l’orgueil. L’Éternel choisit un lieu où faire résider son Nom.

Jacques Sobieski

REEH

Ce lieu annonce la présence de Dieu au milieu de son peuple et prépare la révélation du véritable Temple, celui que Yeshoua désigne en parlant de son propre corps. La parasha met en garde contre les faux prophètes capables d’accomplir des signes étonnants. Les miracles, à eux seuls, ne prouvent jamais qu’un enseignement vient de Dieu. Le véritable critère demeure la fidélité à Sa Parole. Yeshoua reprendra ce même avertissement en annonçant que de faux messies et de faux prophètes séduiront beaucoup de personnes, même par des prodiges impressionnants. Reeh rappelle qu’Israël est un peuple saint, choisi pour appartenir à Dieu. Cette vocation se prolonge dans l’appel adressé aux disciples du Messie à être une lumière pour le monde. Les lois alimentaires rappellent que la sainteté touche aussi les gestes quotidiens. Au-delà des prescriptions alimentaires elles-mêmes, elles enseignent que toute la vie du croyant est appelée à refléter la volonté divine. La dîme apprend au peuple que tout appartient à Dieu. Donner devient un acte de confiance, de reconnaissance et de dépendance envers Celui qui pourvoit à tous les besoins.
La troisième année, la dîme est destinée aux plus démunis. Dieu révèle ainsi que la véritable spiritualité se manifeste toujours par la compassion envers les pauvres, les veuves, les orphelins et les étrangers.
Les étrangers ne sont pas forcément ceux qu'on croit. La Bible décrit les vrais étrangers, comme étrangers aux alliances de Dieu avec son peuple Israël.
L'expression « étrangers aux alliances » provient de la Bible, plus précisément de l'épître de Paul aux Éphésiens 2:12. Elle désigne la condition passée des non-Juifs, les "païens" qui, avant de connaître Mashia'h, étaient tenus à l'écart des promesses, des pactes et de l'alliance que Dieu avait conclus avec le peuple d'Israël. Les païens vivaient loin de la vie spirituelle d'Israël. Ils n'avaient pas part aux alliances de la promesse divine. Le texte précise qu'ils étaient aussi sans Christ, sans espérance et sans Dieu dans ce monde. Le changement par Christ : L'apôtre Paul explique qu'en Yeshoau Mashia'h, cette barrière est détruite. Les personnes qui étaient autrefois étrangères sont maintenant rapprochées et font partie de la famille de Dieu.

La remise des dettes durant la septième année annonce une dimension profonde de la rédemption. En Yeshoua, la plus grande dette, celle du péché, trouve son pardon par la grâce de Dieu. Le peuple est invité à ouvrir largement sa main envers celui qui manque du nécessaire. Cette générosité volontaire préfigure l’amour du Messie, venu servir plutôt que d’être servi. Les prescriptions concernant l’esclave hébreu rappellent que Dieu est le libérateur de son peuple. Comme Israël fut délivré d’Égypte, le croyant est appelé à sortir de l’esclavage du péché. Les premiers-nés consacrés à Dieu rappellent que les prémices Lui appartiennent.

Cette idée trouve un écho dans le Nouveau Testament, où le Messie est présenté comme les prémices de la résurrection. La parasha se conclut par les trois grandes fêtes de pèlerinage : Pessa’h, Shavouot et Soukkot. Ces rendez-vous divins constituent un véritable calendrier prophétique. Pessa’h annonce l’Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde. Shavouot annonce le don de l’Esprit Saint qui écrit la Torah dans les cœurs. Soukkot annonce la joie du Royaume messianique et la demeure de Dieu avec les hommes. Reeh nous rappelle que la foi ne consiste pas seulement à connaître la vérité, mais à la vivre chaque jour dans nos choix, nos paroles et nos actions.

Le fil conducteur de toute cette parasha demeure le discernement (REEH vient de RAAH : VOIR). Dieu appelle Son peuple à ne pas se laisser séduire par les apparences, mais à éprouver toute chose à la lumière de Sa Parole. Le croyant est invité à choisir la bénédiction en marchant dans les voies de l’Éternel avec fidélité, humilité et persévérance. Cette invitation demeure actuelle pour chacun de nous. Chaque jour, Dieu place devant nous un chemin de vie. En suivant le Messie Yeshoua, la Torah trouve toute sa profondeur, non comme un simple ensemble de commandements, mais comme l’expression vivante de la volonté du Père, écrite désormais dans le cœur de ceux qui Lui appartiennent.
Jacques Sobieski
parasha@bethyeshoua.org

Site des publications : https://bethyeshoua.org
Chaîne YouTube (direct chaque samedi 11h00 -13h00 et 16h00 -18h00 https://www.youtube.com/user/bethyeshouachannel

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« Je dis : Mon œuvre est pour le Roi ! Que ma langue soit comme la plume d'un habile écrivain ! » (Psaume 45.2)

« JE mets devant toi... »

La Torah ne demande pas seulement d’entendre, mais de regarder avec discernement.
Moïse place devant Israël deux chemins : la bénédiction et la malédiction.
Le mont Garizim représente la fécondité d’une vie conduite dans l’obéissance.
Le mont Ébal rappelle les conséquences d’un éloignement de la Parole divine.
Sur l’illustration, Yeshoua se tient précisément entre ces deux directions.
Il ne contraint personne, mais tend la main et invite chacun à le suivre.
Aux premiers disciples, il disait déjà : « Venez et voyez » (Jean 1.39).
La foi biblique n’est donc pas aveugle : elle apprend à voir spirituellement.
Yeshoua affirme également : « Je suis le chemin, la vérité et la vie » (Jean 14.6).

Il n’abolit pas le choix présenté par la Torah, mais en révèle l’accomplissement.
La bénédiction véritable consiste à écouter Dieu et à marcher dans ses voies.
Le rouleau ouvert rappelle que Yeshoua ne peut être séparé de la Torah.
Les disciples regardent simultanément la Parole écrite et Celui qui l’incarne.
Le chemin lumineux conduit vers Jérusalem, le lieu choisi par Dieu.
RE’EH annonce en effet les pèlerinages de Pessa’h, Shavouot et Soukkot.
Yeshoua est lui-même monté à Jérusalem pour accomplir le dessein du Père.
Il a porté la malédiction afin que la bénédiction promise atteigne les nations (Galates 3.13-14).
La main ouverte rappelle aussi l’appel de Deutéronome 15 à secourir le pauvre.
Ainsi, voir Yeshoua, l’écouter et le suivre, c’est choisir le chemin qui conduit à la vie.

Le petit coin des hébraïsants
Jean 1:39 nous montre un rapprochement avec la parasha.
וַיֹּאמֶר אֲלֵיהֶם בֹּאוּ וּרְאוּ וַיָּבֹאוּ וַיִּרְאוּ אֶת־מְקוֹם מוֹשָׁבוֹ וַיֵּשְׁבוּ אִתּוֹ בַּיּוֹם הַהוּא וְהָעֵת הָיְתָה כַּשָּׁעָה הָעֲשִׂירִית׃
Ce rapprochement avec la parasha רְאֵה est particulièrement riche. Mais il faut d’abord préciser les passages :

« Venez et voyez » en hébreu

Jean 1.39 peut être rendu :
בּוֹאוּ וּרְאוּ
Bo’ou ouré’ou
« Venez et voyez ! »
Au singulier, « Viens et vois » devient :
בּוֹא וּרְאֵה
Bo ouré’eh
On retrouve exactement le verbe de la parasha :
רְאֵה אָנֹכִי נֹתֵן לִפְנֵיכֶם הַיּוֹם בְּרָכָה וּקְלָלָה
« Vois, je place aujourd’hui devant vous la bénédiction et la malédiction. »
(Deutéronome 11.26)

Le premier mystère : il faut venir avant de voir

L’ordre des verbes est important :
בּוֹא — viens
וּרְאֵה — et vois
Yeshoua ne donne pas immédiatement une explication théologique aux disciples. Il les invite d’abord à marcher derrière lui. La vision vient après le déplacement.
Autrement dit :
On ne découvre pas véritablement Yeshoua en restant à distance. Il faut venir à lui, le suivre et demeurer auprès de lui pour commencer à voir.

Le verbe בּוֹא, de la racine בוא, peut signifier « venir », mais aussi « entrer ». L’expression peut donc suggérer spirituellement : « Entre, puis regarde. » Il ne s’agit pas seulement d’observer Yeshoua de l’extérieur, mais d’entrer dans sa présence.

Le deuxième mystère : entendre conduit à voir

La parasha commence par רְאֵה, « Vois », puis elle précise :
אֶת־הַבְּרָכָה אֲשֶׁר תִּשְׁמְעוּ
« La bénédiction, si vous écoutez… »
La Torah associe ainsi deux facultés :
שָׁמַע — écouter
רָאָה — voir
La bénédiction devient visible lorsque la Parole est écoutée et mise en pratique.
C’est exactement le mouvement de Jean 1 :
  1. Les disciples entendent le témoignage de Jean.
  2. Ils commencent à suivre Yeshoua.
  3. Yeshoua leur dit : « Venez et vous verrez. »
  4. Ils viennent et voient où il demeure.
  5. Ils demeurent auprès de lui.
  6. André annonce ensuite : « Nous avons trouvé le Messie. »
Ils ont entendu, ils ont suivi, puis ils ont vu.

Le troisième mystère : voir où Dieu demeure

La question des disciples était :
« Rabbi, où demeures-tu ? »

Yeshoua répond :
« Venez et vous verrez. »

Or, dans la parasha RE’EH, il est constamment question du lieu que Dieu choisira :
לְשַׁכֵּן שְׁמוֹ שָׁם
Leshakken shemo sham
« Pour y faire demeurer son Nom. »
La Torah annonce un lieu où le Nom et la présence de Dieu demeureront. Dans Jean, les disciples cherchent précisément l’endroit où Yeshoua « demeure ».
La lecture messianique devient alors très forte : la présence divine n’est plus seulement recherchée dans un lieu géographique ; elle se révèle dans la personne de Yeshoua. Celui qui vient à lui découvre où demeure la présence du Père.
Cela rejoint Jean 1.14 :
« La Parole a habité parmi nous, et nous avons contemplé sa gloire. »

Le verbe grec employé signifie littéralement que la Parole a « dressé sa tente » parmi nous. Yeshoua apparaît ainsi comme le véritable lieu de la rencontre entre Dieu et l’homme.

Le quatrième mystère : une vision personnelle qui devient collective


Dans Deutéronome 11.26, il existe une particularité grammaticale remarquable :
  • רְאֵה — Re’eh, « vois », est au singulier ;
  • לִפְנֵיכֶם — lifneikhem, « devant vous », est au pluriel.
Dieu parle personnellement à chacun, mais le choix individuel concerne tout le peuple. Le singulier de « Re’eh » et le pluriel de « devant vous »
Dans Jean, Yeshoua invite plusieurs disciples :
בּוֹאוּ וּרְאוּ — Venez et voyez.
Mais chacun devra personnellement reconnaître qui il est. André voit et appelle Pierre. Philippe voit et appelle Nathanaël. Celui qui a véritablement vu Yeshoua devient à son tour celui qui dit :
בּוֹא וּרְאֵה — Viens et vois !

Le mystère central

« Viens et vois » ne signifie donc pas simplement : « Viens vérifier une information. »
Cela signifie :
Quitte ta position actuelle, approche-toi du Messie, marche avec lui, découvre où il demeure et tes yeux s’ouvriront.

Et la fin du chapitre dévoile jusqu’où doit conduire cette vision. Yeshoua annonce à Nathanaël :
« Vous verrez désormais le ciel ouvert, et les anges de Dieu monter et descendre sur le Fils de l’homme. »
Jean 1.51

Au commencement, les disciples viennent voir la demeure de Yeshoua. À la fin, ils découvrent que Yeshoua est lui-même le lieu où le ciel s’ouvre : le véritable lien entre la terre et le ciel.
Voilà probablement le plus beau mystère hébraïque de cette expression : RE’EH place devant l’homme deux chemins ; Yeshoua dit “viens”, parce que le chemin de la bénédiction doit être emprunté avant d’être pleinement vu.
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