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La parasha Nitsavim-Vayelekh nous rejoint dans quelque chose de très humain : il y a des moments où il faut tenir ferme, et d’autres où il faut accepter d’avancer. Israël se tient ici debout devant l’Éternel, rassemblé comme un seul peuple, à la veille d’un passage décisif. Personne n’est oublié : ni les chefs, ni les anciens, ni les femmes, ni les enfants, ni l’étranger. Tous sont appelés à entendre, à se souvenir et à répondre.
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Puis Moshé s’en va. Il arrive au terme de sa mission, mais la Parole de Dieu ne s’arrête pas avec lui. Yehoshouah (Josué) devra continuer, et le peuple devra marcher sans perdre le sens de l’alliance. Cette double parasha est donc très précieuse pour nous aussi. Elle nous rappelle que Dieu nous garde debout dans Sa présence, puis nous apprend à avancer dans la fidélité. Les serviteurs passent, les saisons changent, mais l’Éternel demeure. Et Sa Parole reste proche, vivante, capable de soutenir notre cœur et de guider nos pas.
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Dans Nitsavim, le peuple est rassemblé au seuil d’un nouveau départ. Après le désert, les épreuves, les fautes et les délivrances, Israël se tient une nouvelle fois devant l’Éternel pour entrer consciemment dans l’alliance. Cette scène est très solennelle. Elle rappelle que l’héritage promis n’a de sens que dans la fidélité à Dieu.
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Le texte insiste sur le fait que tous sont là. Le plus grand comme le plus petit. Le responsable comme le simple serviteur. L’homme ne peut donc pas se décharger sur les autres de sa propre responsabilité spirituelle. Chacun est concerné par la parole de Dieu.
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Nitsavim contient aussi l’un des passages les plus magnifiques de la Torah : la parole n’est ni dans les cieux ni au-delà de la mer. Elle est tout près, dans la bouche et dans le cœur. Dieu ne parle pas pour maintenir l’homme à distance. Il parle pour le ramener à Lui.
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Puis Vayelekh ajoute une autre dimension : celle de la transmission. Moïse sait qu’il va quitter la scène. Il fortifie Josué, remet la Torah, et prépare l’avenir. Cela nous enseigne que la fidélité ne consiste pas seulement à recevoir, mais aussi à transmettre. Une génération doit préparer la suivante.
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Cette double parasha unit donc deux appels : rester fermes devant Dieu, et avancer dans l’obéissance même lorsque les saisons changent.
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Un trésor de la parasha
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Le trésor de cette parasha double se cache dans le contraste entre ses deux noms. Nitsavim évoque le fait de se tenir debout, d’être placé fermement, de demeurer présent devant Dieu. Vayelekh, au contraire, parle du mouvement : il alla, il s’en alla, il se mit en marche.
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Il y a là une sagesse très douce et très profonde. Avant de courir, il faut d’abord se tenir. Avant d’entrer dans une nouvelle étape, il faut être ancré dans la Présence de Dieu. Avant de transmettre, il faut avoir soi-même reçu. Le peuple est donc d’abord rassemblé, arrêté, placé devant l’Éternel. Puis vient le moment du mouvement, du passage, de la continuité.
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Moïse s’en va, Josué s’avance, et pourtant rien n’est perdu, parce que l’alliance ne repose pas sur un homme, mais sur Dieu. Voilà un vrai mystère de la fidélité divine : le Seigneur sait maintenir Son peuple debout, même lorsque les saisons changent et que les relais se transmettent.
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Cette parasha nous enseigne donc qu’il existe un temps pour se tenir, un temps pour marcher, et un temps pour transmettre. Mais ces trois mouvements ne se contredisent pas. Ils appartiennent tous à une même vie devant Dieu.
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« Se tenir, marcher, transmettre »
Trésor, mystère, curiosité
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Le petit coin des hébraïsants
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La force de cette parasha double apparaît déjà dans ses deux premiers mots-clés : “vous vous tenez” et “il alla”. D’un côté, le peuple est présenté comme debout devant Dieu. De l’autre, Moïse entre dans le mouvement de la transmission.
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Ce contraste n’est pas anodin. Dans la pensée biblique, se tenir debout n’est pas seulement une posture physique. C’est être établi, maintenu, présenté devant Dieu. Cela évoque la fermeté, la responsabilité, la disponibilité. Le peuple n’est pas couché, dispersé ou fuyant. Il est debout devant l’Éternel.
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Puis vient le verbe du départ : Moïse va, avance, poursuit jusqu’au bout la mission que Dieu lui a confiée. Il ne s’accroche pas à sa place. Il transmet. Il bénit. Il prépare le peuple à continuer. C’est une très belle image de la maturité spirituelle : savoir se tenir, puis savoir passer le relais.
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Sur le plan exégétique, la double parasha relie donc deux mouvements essentiels : l’établissement et la transmission. On se tient devant Dieu pour pouvoir ensuite marcher juste. Et l’on marche juste seulement si l’on reste intérieurement établi dans la Parole.
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La force de cette double parasha apparaît déjà dans ses deux mots-clés :
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נִצָּבִים — nitsavim « vous vous tenez debout », « vous êtes établis »
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וַיֵּלֶךְ — vayélekh « et il alla », « et il marcha »
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Deux mots, deux mouvements : être solidement établi et se mettre en marche.
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Dans Deutéronome 29:9-10 selon les numérotations, Moïse déclare :
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אַתֶּם נִצָּבִים הַיּוֹם כֻּלְּכֶם לִפְנֵי יְהוָה אֱלֹהֵיכֶם attem nitsavim hayom koullekhem lifné YHWH Eloheikhem
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« Vous vous tenez aujourd’hui, vous tous, devant l’Éternel votre Dieu. »
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Le mot נִצָּבִים nitsavim vient du verbe נָצַב natsav — Strong H5324, « se tenir debout, se placer, être établi ».
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Grammaticalement, נִצָּבִים est un participe masculin pluriel au Nifal. Il ne décrit donc pas simplement quelqu’un qui s’est momentanément levé. L’image est celle d’hommes qui se trouvent placés, établis, maintenus debout devant Dieu.
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La préposition לִפְנֵי — lifné, « devant, en présence de », renforce encore cette idée :
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נִצָּבִים … לִפְנֵי יְהוָה « établis debout devant YHWH ».
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Il y a ici une notion de présence, de responsabilité et d’engagement dans l’alliance.
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Puis la parasha suivante commence :
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וַיֵּלֶךְ מֹשֶׁה vayélekh Moshé « Et Moïse alla… » (Deutéronome 31:1)
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וַיֵּלֶךְ vayélekh vient de la racine :
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הָלַךְ — halakh Strong H1980 : « aller, marcher, avancer ».
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La forme וַיֵּלֶךְ est un Qal wayyiqtol, 3e personne masculin singulier : littéralement, « et il alla ».
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Le וַ־ initial fait avancer le récit. Après le peuple qui se tient debout, voici Moïse qui se met en mouvement.
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On obtient ainsi un contraste remarquable :
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נִצָּבִים — être établi ↓ וַיֵּלֶךְ — avancer
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Mais ce mouvement contient aussi une idée de transmission. Moïse avance vers la fin de sa mission. Il ne cherche pas à conserver sa fonction : il prépare Josué, transmet les paroles de la Torah et dispose Israël à poursuivre sans lui.
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La succession des deux titres devient alors pédagogiquement très forte :
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נִצָּבִים → וַיֵּלֶךְ Se tenir → marcher Être établi → avancer Recevoir → transmettre
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La maturité biblique ne consiste donc pas à choisir entre stabilité et mouvement. Il faut d’abord être נִצָּב — nitsav, solidement établi devant Dieu, pour pouvoir ensuite הָלַךְ — halakh, marcher dans la direction qu’Il donne.
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Et celui qui a marché fidèlement doit un jour savoir transmettre à la génération suivante ce qu’il a lui-même reçu.
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